Forum Régional sur la transformation de l’Education en Afrique Centrale

CAMPAGNE POUR LE FINANCEMENT ADEQUAT DE L’EDUCATION

Les syndicats affiliés à l’Internationale de l’Education (IE) rencontrent les parlementaires.

     Depuis 2024, les syndicats camerounais affiliés à l’IE  mènent une campagne pour le financement accru de l’éducation au Cameroun. Dans le cadre de la décennie des ODD, le Cameroun, comme tous les pays de la communauté internationale, a pris des engagements, notamment en ce qui concerne l’ODD4 qui est dédié à l’éducation. Les pays ont en effet décidé de  financer le secteur de l’éducation à hauteur de 20 à 22% de leur budget, ou à 6% de leur PIB. En 2018 au sommet de Dakar sur le financement de l’éducation, le gouvernement camerounais cette fois s’est engagé à affecter 18% du budget au secteur de l’éducation. 

     Les deux dernières années, le budget de secteur de l’éducation n’a guère dépassé les 14%. Bien plus, il chute d’année en année depuis 2018. Ce sous-financement impacte sur la qualité de l’éducation. Les grèves à répétition des enseignants depuis l’année 2022 illustrent à suffisance le malaise qui ‘il y a dans le système éducatif. Si l’on ajoute à ces mouvements d’humeur la pénurie des enseignants, l’accroissement quasi métastasique du secteur privé, la baisse de la qualité de l’éducation perceptible à travers la faiblesse des compétences en lecture et en calcul ; 30,20% d’élèves savent lire en fin de scolarité dans le primaire, tandis que seulement 11,10% peuvent effectuer toutes les opérations attendues d’eux dans les exercices de mathématiques, selon le rapport PASEC 2019, on peut conclure que l’école publique est dans une situation inquiétante qui ne pouvait laisser les syndicats de l’éducation indifférents.

     Et pendant que l’école publique agonise, l’école privée affiche fière allure, dopant d’année en année ses affectifs et confisquant le hit-parade des résultats aux examens officiels. C’est donc ce contexte qui a motivé les syndicats de l’éducation à solliciter l’appui de l’IE pour mener un plaidoyer pour le financement adéquat de l’école publique. Après avoir rencontré les autres acteurs de la communauté éducative que sont les parents, les organisations de la société civile, c’était au tour des représentants du peuple de recevoir la visite des syndicats, eux qui votent justement le budget, le nerf de la guerre qui fait tant défaut à l’éducation.

     La rencontre s’est déroulée le 17 juin à l’hôtel des députés. A travers trois communications portant sur la privatisation et la marchandisation de l’éducation, les Recommandations du sommet sur la transformation de l’éducation et la problématique du livre scolaire au Cameroun, les syndicalistes ont présenté aux élus la situation catastrophique de l’école publique au Cameroun. Les députés ont engagé le débat qui a manifesté leur intérêt pour les sujets portés par la Campagne. A la fin des travaux, ils ont promis de veiller sur le pourcentage du budget affecté à l’éducation. S’agissant du livre scolaire dont les changements de n’obéiraient pas au cadre règlementaire, ils ont promis organiser une rencontre tripartite entre les syndicats, la commission nationale du livre scolaire et la commission éducation de l’Assemblée pour adresser la situation.

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